Mai 2023
LES SACREMENTS DE L’INITIATION CHRETIENNE ET
LA MISSION DES ENFANTS ET ADOLESCENTS
Dans les Statuts des Œuvres Pontificales Missionnaires il est dit, à propos de la Sainte Enfance, que « pour promouvoir l’articulation du discipulat et de la nature missionnaire dans la formation des enfants et des adolescents, l’Œuvre de l’Enfance Missionnaire favorisera une étroite collaboration avec les Secrétariats ou Délégations qui, dans les différents diocèses, ont la responsabilité d’initier à la foi leurs plus jeunes membres”. Cette collaboration encouragera les processus d’initiation à envisager non seulement la dimension missionnaire essentielle à la foi chrétienne, mais aussi à mettre l’accent sur la mission de l’Église au-delà des frontières diocésaines. En même temps, elle permettra à l’Œuvre d’enraciner son travail de formation et son service à la mission dans les processus par lesquels les diocèses génèrent des enfants et des adolescents dans la foi.
L’Œuvre de l’Enfance Missionnaire se construit autour du Baptême et les fonts baptismaux sont la source permanente de spiritualité, tant pour les enfants que pour les animateurs et les catéchistes qui les accompagnent.
Si l’on prend comme référence le catéchuménat baptismal, alors catéchèse et liturgie, initiation à la foi et initiation sacramentelle, vie communautaire et participation à la mission, confession de foi et baptême…, vont de pair. On ne saurait concevoir une éducation chrétienne qui n’intègre pas la réception des sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation et eucharistie) ; mais on ne saurait non plus concevoir de recevoir ces sacrements sans professer du fond du cœur la foi en Jésus-Christ, Fils du Père et Sauveur des hommes, et sans essayer de rendre vivant le don de l’Esprit reçu dans le Baptême. Dans ce contexte, la Sainte-Enfance aide l’enfant à intégrer naturellement la « foi », la « vie selon la foi » et la « profession de cette foi » comme les trois sommets d’un triangle qui définit la vie et le témoignage chrétiens.
De l’Eucharistie à la mission : en tant que chrétiens, nous sommes appelés à faire le lien entre l’eucharistie et la mission. c’est l’Eucharistie qui nous pousse à la mission. Les enfants peuvent vivre l’Eucharistie comme une invitation de Jésus fils de Dieu à participer au Cénacle, à ce que les apôtres ont vécu avec Lui avant la crucifixion. Et cela nous situe, les situe à nouveau dans la dimension communautaire de leur relation avec Jésus. Mais en même temps, à partir de ce banquet, les enfants sont invités à être présents dans le monde, dans ce qui pour leur âge est le monde : l’école, les camarades, le sport, et à témoigner de ce qu’ils ont vécu, grâce au don de l’Esprit Saint.
L’Enfance missionnaire ou, plutôt, le charisme de l’Œuvre Pontificale de l’Enfance Missionnaire, n’est
pas quelque chose de marginal.
Nous nous soucions de la foi et du cheminement chrétien des enfants et des jeunes ; nous avons à cœur de former des enfants et des jeunes chrétiens missionnaires et non pas des missionnaires non chrétiens, c’est-à-dire des missionnaires qui ne mènent pas une vie chrétienne active et engagée, ou des chrétiens non missionnaires qui seraient en fait des chrétiens dénaturalisés, car, de par sa nature même, l’Église est missionnaire et, par conséquent, tout baptisé possède la même nature.
C’est pourquoi un travail synodal entre la catéchèse et l’enfance missionnaire est nécessaire et urgent.
Les sacrements d’initiation – le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie – marquent l’engagement de
l’individu et de la communauté dans le processus de toute une vie qui les conduira à « réaliser la plénitude du Christ » et […] les rendra capables d’accomplir la mission de tout le peuple de Dieu dans l’Église et dans le monde ». « Les sacrements d’initiation posent le fondement de toute la vie chrétienne et nous inscrivent dans le mystère pascal : la naissance, la vie, la souffrance, la mort et la résurrection de Jésus, son ascension et l’envoi de l’Esprit. Jésus a entrepris son passage par la mort vers la vie ressuscitée et glorieuse en notre nom à tous. Il avait pour but de rassembler le monde entier dans son propre passage vers la plénitude de la vie en Dieu. Par les sacrements d’initiation, le passage de Jésus mourant et ressuscité devient notre passage. Par le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, c’est notre humanité même qui est intégrée à l’humanité glorifiée de Jésus : nous participons à la vie de Dieu, nous sommes nourris en tant que Corps du Christ vivant, et nous sommes animés par l’Esprit Saint de Dieu.
Le baptême n’est pas l’expression rituelle d’une foi déjà existante, mais il est le point de départ pour la croissance d’une foi qui sera vécue au sein d’une communauté chrétienne. Ce n’est que par une formation adéquate à la foi après le Baptême que les enfants peuvent parvenir à accepter la foi dans laquelle ils ont été baptisés. La responsabilité de cette formation à la foi incombe aussi bien aux parents qu’à la communauté de foi, qui est appelée à soutenir l’enfant de manière durable.
Le lien entre le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie est souligné à plusieurs reprises dans le
document par lequel le Pape Paul VI a approuvé le Rite de Confirmation révisé. Il écrit : « Enfin, la
Confirmation est si étroitement liée à la Sainte Eucharistie que les fidèles, après avoir été scellés par le Baptême et la Confirmation, sont pleinement incorporés au Corps du Christ par la participation à la
Sainte Communion »[39]. Notre pleine participation à l’Eucharistie de l’Église est le couronnement de
l’initiation chrétienne. Unis à Jésus par le Baptême et la Confirmation dans son passage à la vie de gloire, nous célébrons avec Lui le banquet du Royaume.
Dans l’Eucharistie, nous sommes appelés à renouveler constamment notre engagement envers l’Évangile, notre appartenance au Corps du Christ [l’Église], notre relation d’alliance avec Dieu par le Christ, et à mener une vie de service pour le bien du monde.
La responsabilité de l’initiation incombe à la communauté tout entière. L’initiation est un processus qui dure toute la vie et qui consiste à s’incorporer progressivement à la vie de l’Église et à s’engager plus profondément dans cette vie. Les enfants sont initiés en premier lieu en apprenant à « vivre » en tant que catholiques : à la maison, par la socialisation à l’école et au cours de la Sainte Eucharistie du dimanche et d’autres cultes.
Le Baptême nous greffe au Christ en nous introduisant, comme une nouvelle plante, dans la vigne du
Seigneur qu’est l’Église. Avec la Confirmation, ce lien avec l’Église se perfectionne jusqu’à atteindre sa
plénitude dans la participation au banquet eucharistique.
Il existe un lien intime entre les sacrements et la mission, en effet, c’est Jésus-Christ lui-même qui envoie les disciples pour qu’ »en son Nom le repentir en vue de la rémission des péchés serait proclamé à toutes les nations » (Lc 24, 47) et dans l’Évangile de Matthieu, ce mandat est explicitement lié au signe du Baptême : « De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du SaintEsprit » (Mt 28, 19). La mission de baptiser, donc la mission sacramentelle, est implicite dans la mission d’évangéliser, puisque le sacrement est toujours préparé par la prédication de la Parole de Dieu. La célébration du sacrifice est orientée vers la communion : elle accroît notre union avec le Christ, elle nous sépare du péché, elle fait l’unité du corps mystique du Christ, elle nous pousse à la mission.
Après l’avoir reconnu à la fraction du pain (Lc 24,31) et être entrés pleinement en communion avec Lui
en écoutant sa parole et en partageant son pain-corps, les disciples d’Emmaüs partent pour annoncer et témoigner. Ceux qui ont rencontré et reconnu le Seigneur ressuscité dans l’Eucharistie doivent aussi
devenir, comme le Seigneur Jésus, compagnons de route d’autres frères pour les encourager sur le chemin de la vie par la lumière du Seigneur ressuscité. Désormais, l’annonce de Pâques passe par l’Eucharistie et, par elle, l’Église va vers les peuples en tant que sacrement universel du salut (cf LG 48). L’Eucharistie nous apprend à être missionnaires sous le signe de la charité, de la justice et de la paix, car il n’est pas possible de partager le pain unique sans vivre ensuite la charité commune. La tension missionnaire de l’Eucharistie nous pousse également à être sel et lumière pour les non-croyants, pour ceux qui sont indifférents et distants, afin de leur annoncer que Dieu n’est pas absent du monde et que c’est pour eux qu’il continue à donner son Fils. Une Eucharistie missionnaire dans le sens indiqué par Romains 12,11-13.
L’Eucharistie est donc la source de la mission (Ac 20,7-12) et c’est le lieu où l’Esprit choisit les
missionnaires de l’Évangile (Ac 13,2) ; elle se présente donc comme « la source et le sommet de toute
l’évangélisation » (Presbyterorum ordinis 5) et pousse à l’action missionnaire (PO 6).
Jésus ressuscité communique son Esprit aux disciples (Jn 20, 22) dans un but précis : leur mission.
En effet, comme nous le voyons encore plus clairement dans la Pentecôte, il y a un lien étroit entre
l’effusion de l’Esprit et l’envoi des disciples en mission. C’est ici qu’il faut lire la particularité du sacrement de confirmation. L’Esprit communiqué par le Sacrement de Confirmation n’est pas un esprit différent de celui des autres sacrements, mais il est donné d’une manière particulière et spécifique pour la mission.
L’appel prophétique de l’Esprit de la Confirmation confère au baptisé une mission au sein de l’Église :
celle de témoigner en parfaite fidélité du Christ et d’être un héraut de l’Évangile. Le dynamisme de l’Esprit confère à l’homme la force de remplir fidèlement sa mission. Chaque personne confirmée peut
s’approprier les paroles de Jésus dans la synagogue de Nazareth : « L’Esprit du Seigneur est sur moi ; parce qu’il m’a consacré par l’onction pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4, 18-19).
Il faut considérer l’enfance missionnaire dans sa validité initiatique.
Le lien entre les sacrements d’initiation et l’engagement dans l’enfance missionnaire est inséparable.
Les enfants participent donc à la fois aux rencontres du mouvement et à la catéchèse ?
Pour les jeunes qui demandent le baptême et dont les parents ne sont pas mariés dans l’Église, n’est-il pas possible d’envisager l’initiation au niveau familial ?
Je suis convaincu que chaque éducateur, animateur et catéchiste peut faire la différence dans la vie des enfants, en les motivant à s’engager publiquement pour le bien de la communauté chrétienne et locale.
Sr. Roberta Tremarelli
Secrétaire Général de la POSI



















































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