Le caractère impératif de la mission évangélisatrice comme le fait d’aller et d’inviter à la mission du Seigneur (Communication 1)

INTRODUCTION

Le Souverain Pontife, comme à l’accoutumée et ce, choisit un thème qui est annoncé en début de chaque année afin de permettre à tout chrétien de préparer et de participer activement à la Journée Mondiale des Missions. En effet, comme thème, le Pape s’est inspiré de l’Evangile de Matthieu au chapitre 22 ainsi libellé : « Allez et invitez tout le monde à la noce ». Ceci dit, il est question de l’injonction donnée par un roi à ses serviteurs dans la parabole du banquet. Ce thème qui appelle à l’universalité a été développé par le Pape en trois axes principaux. D’abord, il met en exergue l’injonction « Allez et invitez » : ce qui signifie que la Mission ecclésiale consiste à inviter inlassablement l’humanité à la fête du Seigneur. Ensuite, le Pape met en lumière la noce, le banquet qui est le signe d’unité, de fraternité et de charité. Et enfin, le Pontife souligne l’expression « tout le monde » : ce qui renvoie à l’universalité du message chrétien, selon lequel toute personne, où qu’elle se trouve, est concernée par cette invitation. De plus, le Pape insiste sur le fait que la mission s’adresse à tous sans exception aucune, ce qui requiert l’engagement personnel et individuel. Pour mieux mettre en pratique ce message du Pape, notre réflexion s’articulera autour du thème ainsi énoncé : « Le caractère impératif de la mission évangélisatrice comme le fait d’aller et d’inviter à la mission du Seigneur ». Il est question ici de l’urgence de la mission « ad extra » pour une meilleure évangélisation. Ce travail sera tripartite : Le caractère impératif de la mission évangélisatrice ; Le fait d’aller et d’inviter à la mission du Seigneur ; L’actualisation.

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  1. Le caractère impératif de la mission évangélisatrice 

Anticipé et grandissant parmi nous, le Royaume concerne tout et nous rappelle ce principe de discernement que Paul VI proposait en relation au véritable développement : « Tous les hommes et tout l’homme ». Nous savons que « l’évangélisation ne serait pas complète si elle ne tenait pas compte des rapports concrets et permanents qui existent entre l’Évangile et la vie, personnelle, sociale, de l’homme ». Il s’agit du critère d’universalité, propre à la dynamique de l’Évangile, du moment que le Père désire que tous les hommes soient sauvés et que son dessein de salut consiste dans la récapitulation de toutes choses, celles du ciel et celles de la terre sous un seul Seigneur, qui est le Christ (cf. Ep 1,10). Le mandat est : « Allez dans le monde entier ; proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16,15), parce que « la création en attente, aspire à la révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19). Toute la création signifie aussi tous les aspects de la nature humaine, de sorte que « la mission de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ a une dimension universelle. Son commandement de charité embrasse toutes les dimensions de l’existence, toutes les personnes, tous les secteurs de la vie sociale et tous les peuples. Rien d’humain ne peut lui être étranger ». 

La « mission » implique une conception globale : c’est la proclamation et le partage de la bonne nouvelle de l’Evangile par la Parole (kerygma), les actes (diaconia), la prière et le culte (leiturgia), et le témoignage quotidien de la vie chrétienne (martyria). Tandis que L’ »évangélisation », sans exclure les différentes dimensions de la mission, est axée sur la proclamation explicite et délibérée de l’Evangile, y compris l’invitation à une conversion personnelle à une vie nouvelle en Christ et à l’obéissance. La mission a une importance fondamentale pour la foi et la théologie chrétiennes. Elle n’est pas une option, mais plutôt une vocation d’ordre existentiel. La mission fait partie de l’être même de l’Eglise et de tous les chrétiens et elle le conditionne. L’espérance chrétienne véritable, qui cherche le Royaume eschatologique, engendre toujours l’histoire.

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« Nous savons que le zèle missionnaire des premiers chrétiens avait une forte dimension eschatologique. Ils ressentaient l’urgence de proclamer l’Evangile. Aujourd’hui encore, il est important de garder à l’esprit cette perspective, car elle nous aide à évangéliser dans la joie de celui qui sait que « le Seigneur est proche », et dans l’espérance de celui qui est tendu vers le but, lorsque nous serons tous avec le Christ à ses noces dans le royaume de Dieu. Alors que le monde propose les « banquets » variés de la consommation, du bien-être égoïste, de l’accumulation, de l’individualisme, l’Evangile appelle chacun au banquet divin où règnent la joie, le partage, la justice, la fraternité, dans la communion avec Dieu et avec les autres. » (Cf le message du Pape François pour la XCVIIIe Journée Mondiale des Missions). 

 « Nous ne pouvons certes pas, quant à nous, taire ce que nous avons vu et entendu » (Ac 4,20) fut la réponse de Pierre et de Jean lorsqu’il leur fut ordonné de garder le silence sur Jésus ; ou, pour reprendre les paroles de Paul : « Car annoncer l’Evangile n’est pas un motif d’orgueil pour moi, c’est une nécessité qui s’impose à moi: malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile! » (1 Co 9,16). Nous avons tous, à l’instar des premiers apôtres, l’impérieux devoir d’annoncer au monde entier le Christ ressuscité jusqu’aux confins de la terre.

Le caractère impératif de la mission évangélisatrice est donc le fait d’aller et d’inviter à la mission du Seigneur.

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  1. Le fait d’aller et d’inviter à la mission du Seigneur

La mission comme le fait d’aller et d’inviter inlassablement à la fête du Seigneur montre qu’au début du commandement du roi à ses serviteurs, il y a les deux verbes qui expriment le cœur de la mission : « allez » et « appelez » dans le sens d’ »invitez ». A cet effet, le Pape fait comprendre que le premier verbe rappelle que les serviteurs avaient déjà été envoyés auparavant pour transmettre le message du roi aux invités (cf. vv. 3-4). Ainsi la mission est une sortie inlassable vers toute l’humanité pour l’inviter à la rencontre et à la communion avec Dieu. Ce geste revêt l’universalité de la mission. C’est Dieu, qui, le premier, dans son grand amour et dans sa miséricorde infinie, est toujours en sortie vers tout homme pour l’appeler au bonheur de son Royaume, malgré l’indifférence ou le refus. Par ailleurs, le Pape nous rappelle que Jésus-Christ, le bon pasteur et l’envoyé du Père, allait à la recherche des brebis perdues du peuple d’Israël et voulait aller plus loin pour rejoindre les brebis les plus éloignés (cf. Jn 10,16). Il dit aux disciples « Allez ! », aussi bien avant qu’après sa résurrection, les impliquant dans sa mission (cf. Lc 10,3 ; Mc 16,15). C’est pourquoi l’Eglise continuera à se rendre au-delà de toutes frontières, à sortir sans cesse, sans se fatiguer ni se décourager face aux difficultés et aux obstacles, pour accomplir fidèlement la mission reçue du Seigneur. Pour ce faire, chaque chrétien est appelé à cette mission universelle par son propre témoignage de vie évangélique dans tous les milieux, afin que l’Eglise tout entière ne cesse de sortir avec son Seigneur et Maître vers les « carrefours des routes » du monde d’aujourd’hui selon les paroles du Pape. Quelle mission pour l’aujourd’hui de la foi ?

  1. Actualisation

Le Pape précise ceci : « aujourd’hui, le drame de l’Eglise est que Jésus continue à frapper à la porte, mais de l’intérieur, pour que nous le laissions sortir ! Très souvent, on finit par être une Eglise (…) qui ne laisse pas le Seigneur sortir, qui le tient comme sa « chose propre » alors qu’il est venu pour la mission et nous veut missionnaires » (Discours aux participants au Congrès organisé par le Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, 18 février 2023.  En effet, le Pape nous offre une occasion en or pour révéler aux extrémités de la terre un Christ qui se donne à tous en se faisant tout à tous sans distinction de race, de sexe, d’appartenance religieuse ou ethnique ou mieux de rang social. Jésus-Christ est mort et ressuscité pour tout le genre humain. Il nous faut aujourd’hui une mission « ad extra » qui prend en compte les périphéries de la terre car nous sommes des missionnaires intrépides et infatigables prêts à se battre jusqu’au martyre. Nous sommes appelés au nom de notre baptême et disposés à partir de nouveaux, aux « croisées des carrefours », chacun selon sa condition, pour lancer un nouveau mouvement missionnaire, comme à l’aube du christianisme. La participation à la mission de Dieu devrait donc être naturelle pour tous les chrétiens et toutes les Eglises, et ne pas être réservée à des individus particuliers ou à des groupes spécialisés. L’Esprit Saint transforme les chrétiens en témoins vivants, courageux et hardis (cf. Ac 1,8). Les chrétiens sont appelés, par la metanoia, à avoir « la pensée du Christ » (1 Co 2,16), à être les agents de la mission de Dieu dans le monde (Mt 28,19-20 ; Mc 16,15), à identifier les signes de la présence de Dieu, en les affirmant et en les diffusant par le témoignage et la coopération avec tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, et à être des intendants de Dieu (1 Co 4,1) en vue de la transfiguration de l’ensemble de la création. Ainsi, « le but de la mission est une humanité réconciliée et une création renouvelée » et « la vision de Dieu unissant toutes choses en Christ est la force motrice de sa vie et de son partage.

CONCLUSION 

Le Seigneur nous a laissé ce mandat : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19 ; Mc 16,15). En effet, ce mandat nous pousse à l’action missionnaire pour l’œuvre évangélisatrice qui se poursuit jusqu’aux extrémités de la terre. Il fait corps avec l’injonction du roi qui demande à ses serviteurs : « Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22,9). Ce parallélisme met un accent particulier sur les aspects importants de l’évangélisation, qui sont spécifiquement essentiels pour l’aujourd’hui de la foi et pour nous, disciples-missionnaires du Christ, dans cette phase finale du parcours synodal qui, conformément à la devise « Communion, participation, mission », devra relancer l’Eglise dans son engagement prioritaire : l’annonce de l’Evangile dans le monde contemporain. Ainsi, dans l’Eglise synodale, soyons tous responsables dans la mission évangélisatrice.

En définitive, avec le message du Pape, nous pouvons retenir d’abord que l’expression « Allez et invitez » montre la mission comme le fait d’aller et d’inviter inlassablement à la fête du Seigneur. Ensuite, « le banquet ou la noce » qui revêt la perspective eschatologique et eucharistique de la mission du Christ et de l’Eglise. Et enfin, « Tous » fait ressortir la mission universelle des disciples du Christ et de l’Eglise tout entière synodale-missionnaire.

Que la mission d’évangélisation nous presse et que vivement la mission renforce notre foi.

Mathieu SEMEVO,

                                                       Collaborateur des OPM-BENIN


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